Hôtels, résidences hôtelières, hôtels-restaurants : le secteur fait partie des bâtiments tertiaires les plus concernés par le décret BACS. Chambres climatisées, eau chaude sanitaire en grande quantité, cuisines, espaces communs, parfois spa ou piscine : les puissances de chauffage et de climatisation dépassent vite les seuils. Voici ce que le décret impose à un hôtel, ce qu'une GTB hôtelière doit savoir faire, et comment la financer.

Un hôtel est-il soumis au décret BACS ?

Le décret BACS (décret n°2020-887 du 20 juillet 2020, modifié par les décrets n°2023-259 et n°2025-1343) s'applique aux bâtiments tertiaires non résidentiels, dont les hôtels, en fonction de la puissance nominale de leurs systèmes de chauffage ou de climatisation, combinés le cas échéant à la ventilation :

Un hôtel de taille moyenne ou grande, équipé d'une production centralisée de chaud et de froid ou de nombreux systèmes de climatisation, dépasse fréquemment le seuil de 290 kW. Les petits hôtels se situent souvent entre 70 et 290 kW, et sont donc concernés à l'horizon 2030. Dans tous les cas, la première étape est de faire relever précisément les puissances installées.

À retenir : c'est la puissance nominale des systèmes qui compte, pas la consommation ni le nombre de chambres. Un inventaire des chaudières, pompes à chaleur, groupes froids et systèmes de climatisation permet de trancher rapidement.

Ce que le décret exige concrètement

Le système d'automatisation et de contrôle doit notamment :

Le niveau attendu correspond généralement à la classe C de la norme ISO 52120-1. Les classes A et B vont plus loin et conditionnent l'accès aux primes CEE. Voir les classes de GTB A, B, C et D.

Les spécificités d'une GTB hôtelière

Un hôtel ne se pilote pas comme un immeuble de bureaux : l'occupation change chaque nuit, et le confort des clients reste prioritaire. Une GTB adaptée à l'hôtellerie couvre en général :

Mettre en conformité un hôtel en exploitation

La plupart des hôtels doivent se mettre en conformité sans fermer. Les travaux s'organisent donc par étages ou par zones, en dehors des périodes de forte occupation. Une GTB existante n'est pas forcément à remplacer : un audit permet de vérifier, fonction par fonction, ce qui manque et de comparer plusieurs scénarios. Voir comment se déroule un audit BACS et les coûts et délais d'installation d'une GTB.

Le lien avec le décret tertiaire

Un hôtel de plus de 1 000 m² est aussi soumis au décret tertiaire : déclaration annuelle des consommations sur OPERAT et objectifs de réduction à partir de 2030. La GTB fournit les données nécessaires et permet d'agir sur la trajectoire. Une échéance commune à tous les assujettis : l'année de référence doit être renseignée sur OPERAT avant le 30 septembre 2027. Voir OPERAT, décret tertiaire et GTB.

Financer la GTB avec les CEE

La fiche d'opération standardisée BAT-TH-116 des certificats d'économies d'énergie peut financer l'installation ou l'amélioration d'une GTB de classe A ou B dans un bâtiment tertiaire, sous réserve des conditions de la fiche et de l'accord d'un opérateur CEE. Le dossier doit impérativement être déposé et accepté avant le démarrage des travaux. Voir notre guide CEE BAT-TH-116 et le simulateur de prime CEE.

Exemple illustratif : pour un hôtel de 8 000 m², avec les primes observées de 4 à 12 € par m² évoquées dans notre guide, le financement CEE se situerait entre 32 000 et 96 000 €. Le montant réel dépend du projet, de la classe visée et de l'opérateur retenu.

Questions fréquentes

Un petit hôtel est-il concerné par le décret BACS ?

Oui, si la puissance nominale de ses systèmes de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW : l'obligation s'appliquera alors au 1er janvier 2030. En dessous de 70 kW, il n'est pas soumis au décret BACS.

Une GTB hôtelière doit-elle piloter chaque chambre ?

Le décret impose des fonctions de suivi, d'analyse et de pilotage par zone fonctionnelle. La gestion chambre par chambre n'est pas exigée en tant que telle, mais c'est souvent là que se trouvent les économies les plus importantes dans un hôtel.

Qui est responsable de la mise en conformité, le propriétaire ou l'exploitant ?

L'obligation pèse sur le propriétaire des systèmes. Lorsque les murs et l'exploitation sont dissociés, le bail doit être examiné. Voir décret BACS : bailleur ou locataire ?

Prochaines étapes recommandées

Nous coordonnons cette démarche avec des bureaux d'études qualifiés. Utilisez notre formulaire ci-dessous pour recevoir un plan d'action personnalisé.

Votre bâtiment est-il conforme ? Utilisez notre simulateur gratuit pour obtenir un diagnostic personnalisé en 60 secondes — sans email obligatoire. Lancer le simulateur →